Numéro 19 : ÉCO- / discours sur les demeures

APPEL DE TEXTES
Revue Chameaux
Numéro thématique 179
Date limite : 26 avril 2026
Publication : automne 2026
Appel de textes numéro 19 : ÉCO- / discours sur les demeures
Ce qui vit ici vit très fort
et pousse sans se détourner
de la beauté.
MARIE-HÉLÈNE VOYER
ÉCO- / discours sur les demeures
Présentation du numéro
Pour son dix-neuvième numéro, la revue d’études littéraires Chameaux propose d’explorer l’habitat, sous toutes ses déclinaisons, en littérature. Étymologiquement, le préfixe éco- renvoie à l’oikos, c’est-à-dire l’habitation, la maison. En revenant à cette racine, ce numéro souhaite interroger la maison à la fois comme lieu matériel et comme espace intime, symbolique et politique.
Alors que les répercussions de l'activité humaine sur l'environnement ont atteint un point de non-retour, que les catastrophes naturelles et les migrations climatiques sont monnaie courante, comment repenser nos liens avec notre habitat? Comment ces questionnements prennent-ils forme dans la littérature, mais aussi dans le cinéma, le théâtre et dans les autres productions culturelles? Le terme écologie - qui désigne en son sens premier l’étude de l’habitat - est dorénavant convoqué pour parler de l’environnement naturel selon un glissement sémantique qui témoigne du rapport étroit entre l’humain et le vivant - un rapport que les œuvres n’ont cessé de mettre en récit. Si ces dernières constituent une démarche critique relativement récente, les écrivain·es ont toujours représenté le monde qu’iels habitent, tel aussi qu’il les habite en retour. Que peut, dès lors, nous apprendre la littérature sur les liens entre l’humain et le reste du vivant? Comment écrire et lire l’éco- lorsque l’écoanxiété nous habite? Dans quelle mesure habitons-nous le territoire et, réciproquement, comment le territoire nous habite-t-il? Comment négocier, en outre, la recherche-création dans une perspective éco(logique), lorsqu’elle s’opère en contexte de territoires non cédés, dans des institutions historiquement patriarcales et coloniales? Face à notre ou à nos habitations(s), et par le geste d’écriture, que tentons-nous de réparer? L’écriture peut-elle devenir un lieu de revendication, ou encore se faire refuge, lorsque nous réfléchissons au territoire, à l’habitation, au chez-soi?
En croisant perspectives critiques et pratiques créatives, ÉCO- / discours sur les demeures souhaite ouvrir un espace de réflexion sur les formes d’habiter, d’écrire et de résister dans un monde en transformation.
Chameaux invite ainsi les étudiant·es universitaires des trois cycles (baccalauréat, maîtrise et doctorat) à réfléchir à la manière dont l’investissement de l’espace et la prégnance de la demeure affectent les œuvres littéraires, que ce soit dans leur fond ou leur forme, dans leur réception ou encore dans la posture de l’auteur·rice qui en est à l’origine. Cette thématique ouvre la porte à une multiplicité d’axes et d’approches, dont voici une liste non exhaustive et non restrictive :
- Écoféminismes
- Écopoétique
- Éco-anxiété
- Écofictions
- Zoopoétique
- La présence de la nature dans les écritures de soi
- L’influence de l’environnement sur l’identité
- Les liens qui existent entrela temporalité de la nature et celle de la maladie
- Les liens qui existent entre territorialité et oralité
La revue Chameaux encourage, par-delà les textes relevant de l’analyse littéraire plus traditionnelle, les démarches qui s’inscrivent dans la recherche-création ainsi que les approches pluridisciplinaires et comparatives portant sur la littérature, la philosophie, le théâtre, le cinéma, l’histoire, l’histoire de l’art, la peinture, la sculpture, les jeux vidéo, la musique, la sociologie, l’anthropologie, les études médiatiques et les sciences politiques, à la condition que le texte ait au moins une composante liée à la littérature. Nous acceptons à la fois les analyses (littéraires, philosophiques, sociologiques, etc.) et les essais littéraires, et encourageons les auteur·rices, s’il s’agit d’une posture heuristique qui les interpelle, à faire preuve de subjectivité dans leurs textes critiques, à situer et incarner leur énonciation : théorie, rigueur et sérieux peuvent parfaitement épouser un style vivant porté par des émotions et une expérience affectée, plus personnelle.
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Vous aimeriez soumettre un article, mais n’êtes pas certain·e que celui-ci s’inscrit dans la thématique proposée? Chameaux offre également un espace hors dossier pour les textes qui traitent d’autres sujets que celui proposé par l’appel en cours.
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Veuillez nous faire parvenir votre texte en précisant votre université d’attache et votre niveau d’études actuel à l’adresse suivante : chameaux@lit.ulaval.ca. Les auteur·rices des textes retenus – obligatoirement des étudiant·es universitaires de baccalauréat, maîtrise ou doctorat – devront participer à un processus d’édition supervisé par l’équipe de la revue avant la publication.
Les textes proposés, nécessairement inédits, doivent comporter entre 4000 et 8000 mots et être soumis avant le 26 avril 2026.
Nous vous invitons à consulter le Protocole éditorial de la revue se trouvant dans la section « Protocole de rédaction » afin de vous assurer que votre article respecte les normes de rédaction de la revue. Tout article ne respectant pas ces critères pourra se voir renvoyé à son auteur·rice avant la lecture ou refusé.
https://www.revuechameaux.flsh.ulaval.ca/protocole-de-redaction
Direction du numéro
Frédérique Dupuis
Marie-Anne Morin
Laurence Richard
Bibliographie indicative
BETASAMOSAKE SIMPSON, Leanne, Dancing on our Turtle’s Back. Stories of Nishnaabeg Re-creation, Resurgence and a New Emergence, Winnipeg, Arbeiter Ring Publishing, 2011, 164 p.
BETASAMOSAKE SIMPSON, Leanne, Theory of Water. Nishnaabe Maps to the Times Ahead, Toronto, Penguin Random House Canada (Alchemy by Knopf Canada), 2025, 209 p.
BÉCHARD, Deni Ellis, FONTAINE, Natasha Kanapé, Kuei, je te salue, éditions écosociété (Parcours), 2021, 208 p.
BIRD ROSE, Deborah, ROBIN, Libby, Vers des humanités écologiques, Marseille, Éditions Wildproject, 2019.
BRAND, Dionne, A Map to the Door of No Return. Notes to Belonging, Toronto, Penguin Random House (Vintage Canada), 2023 [2001], 240 p.
CAVALLIN, Jean-Christophe, Valet noir. Vers une écologie du récit, Paris, Éditions Corti, 2021.
CÉSAIRE, Aimé, Cahier d’un retour au pays natal, Saint-Jean-sur-Richelieu, Présence Africaine (Guérin littérature), 1983 [1990], 99 p.
CURIOL, Céline, Invasives, ou l’épreuve d’une réserve naturelle, Arles, Actes sud, 2023.
DECHAMPLAIN, Virginie, Avant de brûler, Saguenay, La Peuplade (roman), 2024, 201 p.
DESPRET, Vinciane, Habiter en oiseau, Arles, Actes sud, 2019.
GAGNÉ, Mireille, Frappabord, Saguenay, La Peuplade (roman), 2024, 216 p.
GARY, Romain, Les racines du ciel, Paris, Gallimard (folio), 2020, 592 p.
GILL, Marie-Andrée, Uashtenamu : Allumer quelque chose, Saguenay, La Peuplade (poésie), 2025, 128 p.
GEFEN, Alexandre, Réparer le monde. La littérature française face au XXIe siècle, Éditions Corti (Les essais), 2017, 391 p.
HOOKS, bell, Cultiver l’appartenance, traduit par GRUNENWALD Noémie, Paris, Éditions Cambourakis (sorcières), 2023 [2019], 418 p.
JARMAN, Derek, Modern Nature, Great Britain, Penguin Random House UK (Vintage), 1991, 314 p.
JARMAN, Derek, Smiling in Slow Motion, Great Britain, Penguin Random House UK (Vintage), 2001, 392 p.
LARRÈRE, Catherine, L’écoféminisme, Paris, La Découverte (Repères), 2023, 126 p.
LEWIS, C. S., The Chronicles of Narnia, HarperCollins, 2001, 768 p.
MACÉ, Marielle, Une pluie d’oiseaux, Paris, Corti, 2022, 378 p.
SCHOENTJES, Pierre, Ce qui a lieu. Essai d’écopoétique, Marseille, Éditions Wildproject, 2015.
SCHOENTJES, Pierre, Littérature et écologie. Le mur des abeilles, Paris, Éd. Corti, 2020.
SCHOENTJES, Pierre, Écrire la nature, imaginer l’écologie. Pour Pierre Gascar, Genève, Librairie Droz, 2021.
SIMON, Anne, Une bête entre les lignes. Essai de zoopoétique, Marseille, Éditions Wildproject, 202 p.
SONDARJEE, Maïka, D’où viens-tu?Réflexions sur le métissage et les frontières, Lux éditeur, 2024, 136 p.
TILLON, Laurent, Être un chêne. Sous l’écorce du Quercus, Arles, Actes sud, 2021.
VOYER, Marie-Hélène, Expo Habitat, Saguenay, La Peuplade (poésie), 2018, 157 p.
VOYER, Marie-Hélène, L'habitude des ruines : le sacre de l'oubli et de la laideur au Québec, Lux éditeur, 2021, 216 p.
WARREN, J. Karen, « The Power and the Promise of Ecological Feminism », dans Environmental Ethics, vol. XII, no 2 (été 1990), p. 125-146.
WESTPHAL, Bertrand, La géocritique : réel, fiction, espace, Paris, Éditions de Minuit, 2007, 278 p.
WHITEHEAD, Joshua, Lettre d’amour au territoire, traduit par Ariane Des Rochers, Montréal, Mémoire d’encrier, 2019 ; 2024, 206 p.
ZONG MENGUAL, Apprendre à voir. Le point de vue du vivant, Arles, Actes sud, 2021.
Films
ZILBALODIS, Gints, Flow, UFO Distribution, 2024, 1h 25m.
MIYAZAKI, Hayao, Ponyo, 2008, 1h 43m.